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Janvier - Mars 2003 |
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ENSEIGNER AUX ADOLESCENTS |
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En cinquante ans, le nombre des élèves de l’enseignement secondaire a été multiplié par dix. Les classes, surchargées, accueillent des jeunes venus d’horizons socioculturels toujours plus diversifiés. Conséquence : les enseignants ont bien du mal à interesser les adolescents. Pour répondre à ces nouveaux défis, l’école n’a pas d’autre choix que de s’adapter. |
Edito - L’Education pour tous est-elle l’affaire du monde entier ou celle des seuls pays en développement ? C’est une des questions que pose une publication de référence de l’UNESCO, le Rapport mondial de suivi de l’éducation pour tous 2002 : le monde est-il sur la bonne voie ?, qui vient de paraître. En faisant de l’éducation primaire universelle un objectif officiel de développement pour le millénaire, on a pu donner l’impression que les engagements pris à Dakar ne concernaient que les pays pauvres. Il n’en est rien. L’Education pour tous est un objectif que tous les pays devraient viser parce qu’aucun n’est pleinement satisfait des services éducatifs offerts sur son sol.
Un des objectifs de l’Education pour tous est de satisfaire les besoins d’apprentissage de tous, jeunes et adultes, en offrant un accès équitable à des programmes de formation et d’acquisition des compétences de la vie courante. Beaucoup associent cet apprentissage à l’enseignement secondaire ce qui pose des problèmes à une majorité de pays. Les pays en développement veulent étendre l’enseignement secondaire pour préparer les jeunes à participer à la société et à l’économie dans lesquelles ils vivent. Les pays industrialisés ont déjà généralisé l’enseignement secondaire, mais ces établissements apparaissent aujourd’hui comme des paratonnerres attirant les orages qui secouent la société.
Nous souhaitons que les jeunes sortent du secondaire autonomes et motivés, prêts à s’insérer dans la société en gagnant leur vie honnêtement et en contribuant au bien commun. Mais comment y parvenir ?
La première solution consiste à instaurer une relation plus riche entre enseignants et élèves. Cuba a réformé les trois premières années du secondaire pour que les élèves aient le même enseignant dans toutes les matières, à l’exception de l’éducation physique et des langues vivantes. Le but est de resserrer les relations et de développer une vision plus large du savoir.
Une autre démarche met l’accent sur les valeurs personnelles. Le Centre Columba 1 400 (www.columba1400.com) a montré que des cours moins longs, fondés sur des principes d’éveil, d’attention, de créativité, d’intégrité, d’engagement et de persévérance, peuvent influer sur les comportements, voire sur les choix fondamentaux, d’une jeunesse démotivée.
Un troisième principe consiste à associer à ce défi la communauté au sens large.
Si la crise du secondaire est le reflet de tensions au sein de la société, celle-ci doit mettre la main à la pâte et l’ensemble de ses membres, parents, employeurs, classe politique et experts, unir leurs efforts dans la recherche d’une solution. A la société civile d’assurer sa propre reproduction.
John Daniel
Sous-Directeur général de l'UNESCOpour l'éducation
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